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La Redoute au XVIIIe siecle Imprimer cette page
 
 



- La Redoute au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, la ville de Saint-Denis se développe sur la rive orientale de la rivière Saint-Denis. La plaine occidentale qui s’étend au pied du massif de la Montagne reste pendant longtemps un territoire isolé. Le plan de la ville de Saint-Denis dressé par l’ingénieur géographe François Chandellier au début du XIXe siècle montre que La Redoute est divisée en deux parties. Au nord de la plaine, se trouvent deux cimetières, l’un pour les Blancs, l’autre pour les Noirs. C’est également ici qu’a été édifié un lazaret, quartier d’isolement pour les malades, notamment les esclaves, nouvellement arrivés dans la colonie. Enfin, toujours dans la portion nord, on distingue le camp des esclaves du roi, main-d’œuvre servile affectée aux travaux publics de la colonie. Cette « ville noire » s’étale le long de rues en damiers, au pied du massif de La Montagne. Au sud de la plaine, se dressent deux édifices militaires, les premiers du chef-lieu, éléments d’un dispositif de défense de la côte en ces temps de rivalités coloniales entre la France et les autres puissances européennes. En raison de leur caractère stratégique, ils sont isolés au milieu d’une zone où il est interdit de bâtir.

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- Une poudrière devenue chapelle

En 1741, l’ingénieur du roi Antoine-Marie Desforges-Bourcher dessine pour Saint-Denis un magasin à poudre, finalement édifié en 1751. Entouré d’un haut mur d’enceinte en moellons liés à la chaux, il se dresse à l’arrière d’une colline, à contre-pente des tirs pouvant parvenir de la mer. Le bâtiment mesure 13,6 m de long sur 6 m de large. Ses murs de 2,3 m d’épaisseur présentent à l’extérieur un appareil simple constitué de basalte régulièrement taillé. Six puissants contreforts soutiennent sur les façades est et ouest. Son pignon est souligné d’une très belle corniche, décor exceptionnel sur un édifice du XVIIIe siècle à La Réunion. C’est le cas également du décor aux armes du roi de France au dessus de la porte d’entrée. A l’intérieur, la charpente et le plancher en bois supportant les barils de poudre ont disparu dégageant la voûte en plein cintre. A la suite de la désaffectation du bâtiment au milieu du XXe siècle, il accueille aujourd’hui un lieu de culte catholique connu sous le nom de Chapelle Saint-Louis.

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- Un fortin de défense ; La Redoute Bourbon

Au nord-ouest de la poudrière, le gouverneur Jean-Baptiste Bouvet de Lozier inaugure en 1756 un fortin baptisé Redoute Bourbon. Bâti au-dessus de la route reliant le chef-lieu à Saint-Paul, il protège cet axe vital entre le nord et l’ouest. La masse imposante de ce fortin symbolise dans la pierre le pouvoir militaire. La qualité architecturale de cet édifice laisse supposer l’intervention du même ingénieur que pour la poudrière : Antoine-Marie Desforges-Boucher, auteur ainsi des deux plus beaux témoignages d’architecture militaire du XVIIIe siècle subsistant dans l’île De plan carré, ses élévations rappellent une pyramide dont le sommet a été tronqué, formant une toiture terrasse. Un bandeau saillant arrondi souligne la base de la toiture. Un remarquable blason aux armes de la Compagnie des Indes décore la porte d’entrée. Tout autour du rez-de-chaussée, 12 meurtrières rappellent la fonction défensive du monument. Au premier étage, les murs épais sont percés de huit baies carrées. Mur d’enceinte et toiture du fortin, 2006. Le monument est entouré d’un haut mur d’enceinte, arrondi aux angles. Ce mur est récent, construit au milieu du XIXe siècle, le bâtiment ne servant plus alors à la protection de la côte. Dans les années 1870, transformé en magasin à poudre, la distribution intérieure est modifiée, tout comme la toiture qui prend sa forme définitive. Elle masque deux voûtes en plein cintre en basalte taillé.

- Un combat, deux obélisques -

En 1810, venues conquérir l’île Bonaparte, les troupes anglaises débarquent à la Grande Chaloupe et gagnent Saint-Denis. Le 8 juillet 1810, la plaine de La Redoute est le champ de bataille d’un unique combat entre cipayes et troupes créoles. Deux obélisques, l’un construit par les Anglais dans les années 1810, l’autre par les Français en 1857, honorent la mémoire des soldats morts dans les deux camps. Celui des Anglais se dressait dans la plaine de La Redoute, au sud de l’ancienne poudrière. Il a été déplacé vers 1963 sur son site actuel. Celui de 1857, inauguré par le gouverneur Henri Hubert-Delisle, est positionné au sommet d’une colline, mis en scène sur une esplanade qui fut autrefois le site d’une batterie de défense. L’architecture de ces deux monuments commémoratifs se réfère à ceux de l’Antiquité, modèles souvent repris en Europe dans l’architecture funéraire depuis La Renaissance. L’obélisque des Anglais est contemporain de celui qui domine le port de Sainte-Rosé. Ils sont les uniques témoins de la présence anglaise dans l’île de 1810 à 1815. L’observation des deux obélisques montre une exécution différente. Le basalte du monument des années 1810 est plus grossier que celui de 1857. Ce dernier est plus raffiné, délicat, et possède un décor de cannelure et de mouluration plus complexe.

 

 

 




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